Comme d’autres pathologies, la maladie de Parkinson et par extension les malades de Parkinson sont sujet à des idées reçues. Autant en parler et remettre les choses à leur place.
Petits rappels
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui touche près de 270 000 personnes en France, avec 25 000 nouveaux cas par an, et 10 millions de personnes dans le monde. C’est la deuxième cause de handicap moteur après les AVC.
« Quand tu as Parkinson, tu trembles »
Il paraît logique de commencer par les tremblements tellement ce préjugé est présent dans l’inconscient collectif. C’est peut-être parce que c’est le symptôme le plus visible que l’on entend souvent cette phrase, mais « seulement » 60 % des malades de Parkinson présentent des tremblements au repos. De plus, d’autres maladies peuvent faire apparaître ce symptôme comme les Tremblements Essentiels, les jambes sans repos (maladie de Willis Ekbom) ou encore l’hyperthyroïdie. Et il ne faut pas oublier non plus les effets secondaires de certains médicaments. Enfin, il ne faut pas confondre les tremblements au repos et la dyskinésie qui se traduit par des mouvements, torsions et autres secousses involontaires qui sont plus les conséquences du traitement.
Pour mémoire, les principaux symptômes de la maladie de Parkinson sont les mouvements lents (bradykinésie), la raideur des membres et la difficulté à démarrer un mouvement (akinésie). Les tremblements en font bien évidemment partie.
Il y a une myriade d’autres symptômes tels que la fatigue, l’hypersalivation, les troubles du sommeil, l’incontinence urinaire, la perte de l’odorat, l’anxiété, etc.
« C’est une maladie de vieux »
Là encore, on n’image pas quelqu’un de jeune être atteint par la maladie de Parkinson. L’âge moyen de diagnostic de la maladie est de 58 ans, c’est-à-dire encore en âge d’exercé une profession. 20 % des malades ont moins de 50 ans et entre 5 et 10 % déclarent la maladie avant 40 ans. Et les chiffres tendent à avoir des malades de plus en plus jeunes.
« On ne soigne pas la maladie de Parkinson »
Alors, soyons précis sur les termes. On soigne bien la maladie de Parkinson avec différents traitements, mais on ne guérit pas de la maladie de Parkinson. C’est une maladie incurable (pour le moment ! Un peu d’optimisme). Il y a les traitements médicamenteux, les traitements non médicamenteux (soutien psychologique, rééducation, les cures, etc.), les traitements chirurgicaux avec la SCP (Stimulation Cérébrale Profonde) et peut-être bientôt d’autres méthodes, et l’activité physique (on y revient de suite).
« Avec Parkinson, pas de sport »
C’est tout le contraire. Alors certes, les malades à un stade très avancé de la maladie auront du mal à se mouvoir, mais le sport et l’activité physique sont considérés comme des traitements à part entière. Il est plus que recommandé de bouger le plus possible, ne serait-ce que marcher. Certains sports sont très bons pour lutter contre les symptômes tels que le tennis de table, la marche rapide ou encore la danse. Alors, bougez !
« Parkinson, c’est une maladie rare »
Comme indiqué au début de cet article, la maladie de Parkinson touche 270 000 personnes en France ce qui représente une personne sur 252 en France. Si vous prenez, par exemple, une rame de TGV Duplex en configuration standard, soit 510 places, il y a statistiquement deux personnes atteintes de la maladie dans cette rame.
« Parkinson, c’est comme Alzheimer, ça touche la mémoire »
C’est une demi-vérité. Avec Parkinson, ce sont les problèmes physiques qui prédominent au début de la maladie. La marche est la plupart du temps impactée ainsi que le balancement des bras. Et même, généralement, c’est un seul côté qui est impacté. Ensuite, le côté cognitif du malade peut être atteint, mais les troubles sont assez légers. Il est tout de même possible que la mémoire immédiate et/ou visuelle soient affectées. Cela se traduit le plus souvent, par des difficultés d’organisation ou le fait de faire plusieurs choses en même temps. Alors que pour la maladie d’Alzheimer, les problèmes de mémoires sont prédominants et présents dès le début de la maladie.
Si vous voyez d’autres préjugés, n’hésitez pas à les mettre en commentaires, je les ajouterai à l’article.