À la recherche de biomarqueurs
À la recherche de biomarqueurs

À la recherche de biomarqueurs

Lorsqu’on est diagnostiqué avec la maladie de Parkinson, il faut se dire, malheureusement, que cela fait entre 5 et 10 ans que la maladie est déjà là et que la dégénérescence des neurones est active.

Même, si pour l’instant (il faut être optimiste), il n’y a pas de traitement guérissant la maladie de Parkinson, plus elle est prise tôt, plus les traitements et actions à mettre en place pour lutter contre les symptômes seront bénéfiques. Mais pour cela, il faut pouvoir la détecter avant que les premiers symptômes apparaissent.

C’est là le rôle des biomarqueurs.

Pourquoi utiliser des biomarqueurs ?

La maladie de Parkinson a la particularité de présenter une hétérogénéité clinique importante. Comme on dit « il y a autant de maladies de Parkinson qu’il y a de malades de Parkinson« , et aucun ne présente les mêmes symptômes et n’a le même traitement.

Ainsi, l’utilisation de biomarqueurs permettrai d’identifier précocement la maladie avant l’apparition des symptômes moteurs, mais aussi de suivre l’évolution de la maladie « en temps réel » et d’adapter le traitement en conséquence.

De plus, ces biomarqueurs serviraient à évaluer les essais cliniques et à juger de l’efficacité des traitements.

Les différentes recherches sur les biomarqueurs

Les biomarqueurs d’imagerie

L’imagerie médicale est actuellement l’un des outils les plus avancés pour mieux connaître la maladie de Parkinson.

DaTScan – Dopaminergic ImagingUtiliser pour visualiser la perte de neurones dopaminergiques dans la substance noire
IRM avancéeDes séquences spécifiques permettent de déterminer l’augmentation du fer dans certaines régions du cerveau, phénomène lié à la neurodégénérescence
TEP (Tomographie par Émission de Positons)Observation du métabolisme cérébral ou la liaison de traceurs spécifiques à certaines protéines

Ces techniques aident à différencier la maladie de Parkinson d’autres troubles neurodégénératifs, mais elles sont coûteuses et pas très accessibles pour un suivi régulier.

Les biomarqueurs sanguins et dans le liquide céphalo-rachidien (LCR)
Alpha-synucléineL’agrégation de cette protéine est une caractéristique majeure de Parkinson
Protéines tau et beta-amyloïdesHistoriquement associées à la maladie d’Alzheimer, ces protéines sont étudiées dans les cas présentant des symptômes cognitifs
Biomarqueurs inflammatoires et oxydatifsDes cytokines (interleukines, TNF-α) et des marqueurs de stress oxydatif sont évalués pour leur lien avec la neuroinflammation et le stress cellulaire

La difficulté réside dans la répétition des mesures sachant qu’il y a de multiples variations individuelles et que d’autres pathologies peuvent influencer.

Biomarqueurs génétiques et épigénétiques

Certaines formes de la maladie de Parkinson sont liées à des mutations, d’où la recherche sur des biomarqueurs génétiques. La recherche se concentre sur les gènes LRRK2, GBA, PARKIN, PINK1 et DJ-1. Ces mutations peuvent servir d’indices pour une origine génétique ou pour une hérédité de la maladie. L’analyse de microARN ou de signatures épigénétiques dans le sang pourrait devenir un outil de diagnostic complémentaire.

Ce sont des pistes prometteuses, mais la difficulté réside dans la variabilité individuelle.

D’autres biomarqueurs

Certaines études sortent des sentiers battus sur les biomarqueurs.

Ainsi, il y a des recherches sur les exosomes et vésicules extracellulaires qui peuvent contenir de l’alpha-synucléine et d’autres protéines.

Il y a aussi l’analyse à grande échelle des protéines et des métabolites qui permet de détecter des signatures spécifiques de la maladie.

Enfin, l’intégration d’ensembles de données complexes (Big data) grâce à l’IA aide à identifier des patrons biomoléculaires qui pourraient échapper aux analyses traditionnelles.

Avec le développement rapide de ces nouvelles technologies, il est possible de combiner plusieurs types de biomarqueurs pour obtenir une approche multidimensionnelle du suivi de la maladie.

Le point sur les avancées

Les progrès en imagerie sont déjà là avec un support diagnostique par le DaTscan et les techniques IRM avancées.

Plusieurs candidats potentiels ont été identifiés dans le liquide céphalo-rachidien avec des mesures d’alpha-synucléine et de certaines cytokines.

Côté génétique, la compréhension des mutations permet d’identifier des sous-types de la maladie de Parkinson et d’adapter la thérapie.

Les choses à venir

Il faut valider ces données sur des cohortes plus larges et diversifiées afin de confirmer la validité de ces biomarqueurs. De même, des protocoles doivent être définis et standardisés afin qu’ils deviennent des outils de routine pour le diagnostic et le suivi.

sources : Michael J. Fox Foundation – Google Schoolar – PubMed – BioMed Central

Un commentaire

  1. Avatar photo
    Lestriez

    Très prometteur d’associer ces techniques à l’IA… il faut recruter pour faire des tests sanguins dans une population et la suivre ca prendra fatalement beaucoup de temps mais ça me semble incontournable, comparer ensuite les groupes ( témoin / malade) … c’est porteur d’espoir. Vite la recherche …

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