Il y a plusieurs traitements contre la maladie de Parkinson qui sont en cours de développement, comme la pompe à dopamine pour amener directement de la dopamine dans le cerveau (DIVE) ou encore la duodopathérapie qui permet d’injecter, via une pompe, un gel intestinal de Lévodopa directement dans l’intestin grêle. Il y a aussi le traitement par ultrasons.
C’est quoi les ultrasons ?
Ce sont des ondes mécaniques qui se déplacent à travers de la matière fluide, solide, gazeuse ou liquide et qui se caractérisent par une fréquence très élevée supérieure à 20 000 Hz (20KHz). Cette haute fréquence rend le son trop aigu pour l’oreille humaine qui peut percevoir les sons entre 20 et 20 000 Hz. Mais ces ultrasons peuvent être utilisés à une certaine fréquence et concentrés en faisceau pour chauffer de la matière. C’est là qu’est l’intérêt dans le traitement contre la maladie de Parkinson.
Utilisation médicale
En effet, « dans la maladie de Parkinson, explique le Pr Vérin du CHU d’Orléans, « le manque de dopamine entraîne un déséquilibre dans les circuits cérébraux impliqués dans les automatismes, notamment dans la marche. Certains neurones vont alors bloquer le mouvement« . Les ultrasons interviennent alors pour chauffer la zone contenant ces neurones bloquants et les détruisent. « Si on focalise sur quelques millimètres cubes ces ultrasons pendant une minute, on chauffe à 55 degrés et on peut faire de toutes petites lésions« . La destruction de ces neurones permet de faire disparaître des symptômes gênants comme le freezing.
Des avantages certains
Cette technique présente aussi trois avantages par rapport à la SCP, Stimulation Cérébrale Profonde. Le premier est que le patient, placé dans une IRM, est éveillé durant la procédure ce qui permet de mieux contrôler la précision. « Ensuite« , indique le Pr Vérin, « avec la stimulation cérébrale profonde, vous stimulez les circuits cérébraux tous azimuts. Avec des effets moteurs, mais aussi des effets cognitifs et émotionnels parfois problématiques. Avec les ultrasons, on gagne en termes de précision anatomique, sans risque de diffusion électrique, et donc en qualité de résultats« . Enfin, comme c’est une opération non invasive, plus de patients seraient susceptibles d’en profiter, car les critères d’éligibilité pour la SCP sont assez restrictifs.
Pas encore en France
Cette technique n’a pas encore été testée en France et le Pr Vérin espère pouvoir lancer prochainement un essai clinique au CHU d’Orléans. La Haute Autorité de Santé a donné son feu vert le 20 novembre 2024, mais reste la partie administrative concernant la définition de prix du traitement et de son remboursement par l’Assurance maladie. La France est en retard par rapport à d’autres pays comme la Suisse ou l’Espagne.
Donc, il faudra encore être patient pour profiter de ce traitement qui intéresse autant les malades de Parkinson et les personnes atteintes de tremblement essentiel.
sources : Notre temps – France 3 – Wikipédia – France Parkinson – Institut du cerveau